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Colloque du SIF : Les institutions éducatives face au numérique - l’édition numérique

dimanche 12 mars 2006, par Michèle Drechsler

Présentation du colloque

Ce colloque s’est tenu à Paris, les 12 et 13 décembre 2005 au Carré des Sciences.

Voir le site de la maison des enseignants

Le colloque

Organisé par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, avec le soutien du ministère délégué à la Recherche et l’appui du ministère des Affaires étrangères, ce colloque s’est situé dans le prolongement des rencontres interdisciplinaires précédemment proposées par les enseignants/chercheurs réunis au sein du Séminaire Industrialisation de la Formation. Il visait la confrontation des problématiques relatives à la diffusion des technologies en réseau dans le champ de la formation et souhaitait donc réunir des chercheurs de différentes disciplines concernées mais aussi des praticiens enseignants, cogniticiens, éditeurs, etc.


Quatre thématiques ont structuré les débats
 :
A. Institutions, organisation, économie
B. Approches pédagogiques
C. De la ressource au dispositif
D. Enjeux et incidences des « territoires numériques » créés par les réseaux de formation
Un atelier a été consacré à l’édition numérique
l’édition numérique

Dans quelle mesure et selon quelles circonstances la production et la diffusion des ressources sont-elles pensées selon une logique de service public, une logique de marché, une logique de mutualisation ou une logique de don ? Quels sont les modèles socio-économiques en lice ? Les questions majeures posées dans cet atelier concernent tant la viabilité institutionnelle et économique des formes de dispositif qui se développent (méta-édition fondée sur la fédération de structure et la mutualisation), que sur la difficulté à articuler des activités éditoriales et des activités de service. Elles induisent une réflexion sur le sens du bien commun.
L’atelier a donné lieu à trois interventions, dont vous trouverez les résumés ci-dessous.

Les turbulences de l’édition scolaire - Jean-Pierre Archambault (CNDP/CRDP Paris)

Les acteurs de l’édition universitaire face au numérique : une évolution en rupture - Benoît Epron (Lyon I)

Les acteurs de l’édition universitaire face au numérique : une évolution en rupture

L’UMVF un « éditeur hors marché » des ressources numérisées de la profession médicale - François Horn (Lille III), Thomas Lamarche(Lille III)

L’UMVF un « éditeur hors marché » des ressources numérisées de la profession médicale

- Les turbulences de l’édition scolaire - Jean-Pierre Archambault (CNDP/CRDP Paris)

Résumé :
Le monde de l’édition scolaire est entré dans une période de fortes turbulences de par l’irruption du numérique, les outils informatiques et Internet bouleversant les conditions de réalisation des ressources classiques (papier, audiovisuel, photo), signifiant supports et documents nouveaux et favorisant l’émergence de milliers d’auteurs. Des produits numériques viennent ainsi faire concurrence au manuel scolaire, “ enfant chéri ” des éditeurs, dont ils accentuent la crise. Les TIC modifient profondément le paysage de l’édition et viennent perturber la marchandisation des produits scolaires qui, si elle ne date pas d’hier, présente néanmoins un persistant côté paradoxal, à savoir qu’elle s’opère en l’absence de marché, en fait dans un marché captif des parents et des collectivités territoriales. Elles influent également sur les processus de marchandisation de l’éducation, en tant que celle-ci est une activité de service, à l’oeuvre dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la formation permanente, voire de certaines grandes classes des lycées. Si, dans une espèce d’industrialisation des cours particuliers, un marché de l’angoisse des parents se développe, qui joue sans scrupules sur leur désir de voir leurs enfants réussir, il résulte d’abord d’une démission de l’Etat.
Les “ nouveaux auteurs ”, l’association Sésamath par exemple, se placent dans des démarches de type “ logiciels libres ”, souvent dans une logique non-marchande. Mais leurs productions peuvent aussi donner lieu à des co-éditions originales. Les enseignants “ auteurs-utilisateurs ” ne devraient pas être confrontés aux mêmes difficultés que les éditeurs traditionnels en raison d’une antinomie particulière entre TIC et (certaines) pratiques pédagogiques qui, selon nous, n’existe qu’à une très petite marge. Et les statuts et usages éducatifs de l’informatique sont multiples.
Enfin, les turbulences qui agitent le monde de l’édition scolaire ne lui sont pas propres. On les retrouve dans d’autres secteurs d’activité : quels modèles économiques, quelles modalités de propriété intellectuelle dans la société de la connaissance ? Les transformations nécessaires de l’édition scolaire, aucunement condamnée à disparaître, doivent s’élaborer dans une réflexion nouvelle issue de l’observation d’un contexte global qui change.

- Les acteurs de l’édition universitaire face au numérique : une évolution en rupture - Benoît Epron (Lyon I)

Résumé :
La réalisation de notre thèse sur l’édition universitaire face au numérique au sein de Vivendi Universal Publishing nous a permis d’observer précisément l’activité et la réflexion menée par le secteur de l’édition universitaire sur les questions posées par le numérique. Cette expérience a été complétée par notre participation au projet Campus Numériques MANUM, nous permettant de suivre les orientations de la politique des pouvoirs publics sur les questions de l’édition universitaire numérique. C’est à partir de ces deux angles d’approche que nous avons construit notre analyse chronologique de la position des acteurs éditoriaux universitaires face à l’arrivée du numérique au cours des cinq dernières années.
Au travers d’une proposition de décryptage chronologique de la confrontation de l’édition universitaire, plus particulièrement en SHS, avec les problématiques du numérique nous tenterons d’expliquer en partie la situation actuelle de l’édition universitaire numérique française.
Dans une première partie nous poserons des repères chronologiques concernant les différents types d’acteurs, publics et privés. Notre analyse se construit autour d’évènements clés tels que le lancement du PNER en 1999 qui constitue notre point de départ et les projets Campus Numériques lancés en 2000. Dans le secteur privé, les salons du livre constituent des points de repères importants, de même que les mouvements de rapprochement des acteurs de l’édition.
Sur la base de ces éléments nous proposerons dans une deuxième partie un découpage en grandes périodes. Ces périodes sont définies par un changement d’objet de réflexion dans l’analyse et les projets du monde l’édition universitaire.

- L’UMVF un « éditeur hors marché » des ressources numérisées de la profession médicale - François Horn (Lille III), Thomas Lamarche(Lille III)

Résumé :

La contribution s’intéresse à l’UMVF ( Université médicale virtuelle francophone) , et discute sa fonction d’éditeur de contenus numérisés, qui a la particularité par rapport aux éditeurs traditionnels d’être un éditeur "hors marché". Pour l’UMVF, la production de ressources s’avère secondaire alors que la dimension de portail devient le principal instrument de légitimation. Cependant ce rôle d’éditeur des ressources qui sont produites par des tiers (membre de la communauté médicale) se distingue de l’édition numérique par son caractère ouvert et hors marché.
En fin de compte cette activité éditoriale prend sens au regard des logiques professionnelles à l’oeuvre et ne semble pas caractéristique des autres Campus Numériques. Le projet de l’UMVF nous semble être essentiellement la construction, dans le domaine de l’information médicale numérisée, d’une institution au service de la profession médicale. Cette « université numérique », qui n’est pas à proprement parler une université, est dotée de moyens et soutenue par une forte reconnaissance hiérarchique, c’est un « éditeur hors marché » qui détient une position de type monopoliste reposant sur une double justification institutionnelle et professionnelle. L’apport principal de l’UMVF est d’avoir réussi à réaliser un projet transcendant les disciplines et les facultés, elle s’institue dans un rôle pivot pour la diffusion des savoirs numériques médicaux et joue le rôle de validation « par le haut » des contenus. Cette dimension professionnelle hiérarchisée tranche avec les fonctionnements des communautés médiatées.
La position ainsi occupée dans la profession par l’UMVF s’explique par le service rendu à l’ensemble de la profession et le façonnement d’un espace numérisé unifié, officiel, s’insérant dans l’ordre professionnel mais laissant une liberté d’action aux membres de la communauté.

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